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Okay j'ai bu et mes parents m'ont encore fait boire.
You you you la tête me tourne et je suis fatiguée, j'ai regretté de pas être restée chez toi une nuit de plus.
Faut que j'arrête de m'adresser directement aux gens ici.
Ou pas.
C'est vrai que c'est gênant.
Je vais aller fumer là, chuuut.
C'était drôle. On a raconté que de la merde pendant le concert, je rigolais tout le temps. La bière a plus de 11 degrés, c'est bien.
Et puis on s'est promenés sur des péniches privées, on s'est fait virer, on est allés sur une autre, il a enflammé un punching-ball - parasol, je lui ai dit de l'éteindre sinon il aurait totalement pris feu.
J'partage pas souvent son n'importe quoi avec lui. C'est bon, c'est rafraichissant.
Ca m'a fait du bien.
Et puis il m'a dit qu'il m'adorait et qu'il était content que je sois sa confidente, et même si c'est vrai, c'est trop con comme phrase, et il passe trop pour un sentimental, bah ça m'a fait foutrment plaisir. Mais j'ai fait genre je rigolais et je lui ai tiré les cheveux.
I'm lovin it.
Ah ah ah. J'ai passé une journée affolante.
Première humiliation, je me suis un peu pissé sur le pantalon en allant aux chiottes (oui je sais, aucune pudeur, mais pourquoi je raconte ça putain ?), et donc euh, c'était légèrement désagréable pendant quelques heures. Heureusement personne a rien grillé. Mais c'est la deuxième fois que ça m'arrive et... oh mon dieu ! La dernière fois c'était au premier semestre l'année dernière, juste après un cours de D. Arnaud ! Et là euh, pareil. Elle doit me porter malheur.
Bref, je me sens très seule, je n'ai jamais vu une fille se pisser littéralement dessus, comme ça, je veux dire, dans un état normal.
Bon, passons. Ensuite je suis allé acheter le test de grossesse. Parce que dans le rer j'ai commencé à me monter des films dans ma tête, je commençais à être persuadée d'être enceinte, c'était atroce, tout ce à quoi j'ai pensé. J'ai réalisé que, définitivement, je pourrais pas faire comme Juno. Parce que s'il y a un bébé et que je le laisse aller jusqu'au bout, ça sera le mien. Ou plutôt le notre. Je pourrais pas le laisser, surtout parce qu'il y a un père, en fait. Alors je préfèrerais avorter, avant qu'il ne soit vraiment humain, et je crois que je n'aurais pas pensé que j'ai tué mon bébé, ou quelque chose en moi. Ca n'aurait été qu'une graine à enlever.
N'empêche ça me tuait quand même, et heureusement, c'était négatif. Même si j'ai pas ressenti le soulagement tout de suite. Comme la dernière fois, en terminale. J'y croyais pas. Je pense toujours que le test n'a pas marché, c'est bête.
Pour finir, il y a eu cette dame qui a agressé le sdf, et j'ai essayé de le défendre, je m'en suis pris plein la gueule, mais je regrette pas. Elle a quand même sorti que c'était une fripouille, qu'il devrait plutôt trouver un travail ou retourner dans son pays. Ca m'a donné la gerbe. Une parisienne blonde de quarante ans. Comme il y en a partout. Qui n'a pas honte d'étaler son racisme de bas étages... J'en ai tremblé de tous mes membres, après, mais n'empêche, j'ai eu le dernier mot. Et les motards au passage piétons m'ont regardée en riant, l'air de dire "bravo, tu l'as bien dérouillée, cette pétasse". Puis une dame m'a demandé si ça allait, et j'avoue que j'ai failli éclater en sanglot, comme quand je sors de mes gonds, ça finit toujours comme ça, tellement la pression est forte. J'ai respiré lentement, essayé de tenir sur mes jambes, et puis c'était reparti. Ca a impressionné G. je crois. Il m'en a pas mal parlé. Par contre A. s'en foutait royalement et parlait de sa petite vie, comme d'hab, et c'était chiant. J'ai du mal avec cette gamine. Je m'en veux pas vraiment, en fait.
En tout cas, je suis contente de voir que malgré le fait que je n'ose pas toujours parler aux gens, faire ce qui me tient à coeur, dans des situations comme celle-là, je n'hésite jamais. Et même si les mots ne servent à rien en face de gens comme ça, je pense quand même que c'est utile. Il faut contrer la voix de l'intolérance, même quand elle est sourde. Histoire de faire miroir et d'annuler tout, comme dirait chaussette Jésus. Il faut toujours une opposition, en fait. (C'est bien le problème du moment de la France, ça, non ?)
Hier ma tante m'a suggéré de prendre le bus 94 plutôt que d'aller à pieds à St Lazare. Il est arrivé super vite, alors je me suis dit que la chance était avec moi. Et en fait, y avait des bouchons incroyables, des voitures dans tous les sens et des accidents, la police qui tentait de se frayer un passage et le bus qui n'avançait pas. Je suis descendue du bus au beau milieu de nulle part, et j'ai continué tout droit pour aller à la gare, comme me l'avait indiqué la chauffeuse. Déjà, pile quand je suis descendue, ça a beaucoup mieux avancé et le bus m'a devancée. J'étais dégoûtée. Mais je l'ai rejoins un quart d'heure après, bloqué ailleurs. Puis j'ai marché longtemps, sans savoir où j'allais, et j'ai commencé à me perdre. J'ai demandé mon chemin à un marchand dans un kiosque, et il m'a indiqué un chemin auquel j'aurais jamais pensé. J'suis arrivée à la gare, il était sept heures. J'étais partie à six heures et quart. La veille j'avais fait tout le chemin à pieds et j'avais mis moins de vingt-cinq minutes ; on m'y reprendra plus. J'étais épuisée et d'humeur massacrante.
Ce matin j'ai eu l'idée géniale d'aller en rollers jusqu'au labo pour faire ma prise de sang. Je savais que le chemin était en montée sur la moitié du trajet, mais rien à foutre, dans mon souvenir le roller ça allait tout seul. Mon cul ! J'ai soufflé comme un boeuf dans toute la montée, faillit me tauler en voulant freiner dans la descente, j'avais l'air ridicule quand je butais sur la route qui n'était pas toujours lisse. Et quand je suis arrivée au labo, j'étais trempée, ruisselante. J'ai enlevé mon blouson mais gardé mon pull qui me collait à la peau. Mes cheveux étaient mouillés aussi, c'était désagréable au possible. Puis rebelote au retour.
Mais c'était drôle, épuisant, mais drôle. J'aime bien le roller, c'est le seul sport qui m'amuse un minimum. Mais ça fait mal aux maléoles.
Et maintenant que je sais ce que ça fait, je sais pas quand je retrouverai le courage de recommencer un périple pareil. Dommaaaage.
Conclusion : pour une mollassonne, j'trouve que je me dépense beaucoup.
Paris de nuit.
La foule qui n'est plus du tout la même. Les passants pressés se sont transformés en êtres nonchalants, marchant sans autre but que de sourire et traîner les yeux sur tout et n'importe quoi. Le dialogue se crée entre les êtres, l'alcool aidant souvent.
Paris de nuit c'est aussi les marches. Toujours. La première fois avec lui, nos pas toute la nuit et les Buttes Chaumont. Les baisers abrités dans une station de métro ou un parking sous-terrain.
Hier, cette nuit plutôt, nos pas résonnant dans Paris, encore et encore. Des heures. Pour si peu, mais tant pis. Mal aux jambes mais chaud au coeur. Malgré son absence. Terrifiant de tenir la chandelle à deux couples, envie de crier : moi aussi je veux le mien !
Et puis s'endormir comme une masse dans ce canapé soudain plus grand que tout. Moi et le vide. J'en ai pas bougé de la nuit, moi qui remue tout le temps. Je me suis installée bien au milieu pour ne pas laisser de place à la mélancolie, pour ne pas te laisser ta place. Mais il manquait ta main dans la mienne ou ton corps en cuillère contre le mien.
Je me réjouis pourtant en pensant que l'année prochaine, Paris sera à nous, tout le temps, quand on voudra.
Des nuits blanches par dizaines.
Je suis épuisée.
J'avais rarement, voire jamais, été autant en délire à un concert. Je sautais partout en hurlant, ce que je n'aurais jamais osé faire, avant.
Iggy Pop ne s'est pas foutu à poil, mais il a fait le chien chien sur "I wanna be your dog" et c'était un moment incroyable.
On se sent en communion avec la foule énorme, qui nous pousse dans un sens puis dans l'autre, qui nous écrase et nous transporte.
J'ai bien failli gerber aussi plus tôt dans la journée.
Et demain c'est la rentrée, je dois me lever avant sept heures, et là je suis morte, morte, morte. Ca va être foutrement difficile.
Mais B. arrive samedi.